iPad contre e-paper : la guerre des lecteurs aura-t-elle lieu ?
L’iPad sera-t-il un outil de diffusion majeur, venant révolutionner la presse et l’édition électronique ? Ou une vraie-fausse innovation, reprenant dans un format pour papy-mamie les meilleurs morceaux de l’iPhone, mais peinant à s’imposer comme autre chose qu’un énième écran pour happy-fews early adopters ?
La multiplication des interventions de bloggeurs sur le sujet laisse en tout cas rêveur, à quelques semaines de son lancement commercial en France. Chacun y va de son avis, de l’admiration applolâtre non argumentée à la critique ayatollesque, généralement pas plus argumentée… Mais comme il n’y a pas de raison de ne pas participer (gratuitement) au concert, allons-y un peu.
Disons-le tout de suite, nous n’avons pas encore eu l’occasion de toucher la bête, n’ayant pas traversé l’Atlantique ces dernières semaines. Ce sera chose faite après une soirée que nous animerons à la Bo[a]te le 18 mai, et dont nous vous reparlerons bientôt.
C’est tout de même le moment de faire le point sur le combat qui va inévitablement opposer l’écran rétro-éclairé de la dernière merveille de Cupertino et les papiers électroniques dernier cri. D’un côté – iPad – des applications à tout faire, et même plus que tout, des applications qui vont révolutionner à coup sûr les usages des professionnels par la fluidité de leur utilisation, pour consulter, montrer, échanger, partager. De l’autre – e-paper – un support de lecture qui ne fatigue pas la vue, une vraie alternative au papier, un réceptacle idéale pour la presse et, plus encore, pour le livre, avec sa version souple à mémoire de forme, qui n’est plus une fiction…
Une bataille commerciale est d’ores et déjà engagée. Les Américains tiennent la corde sur le marché du divertissement, c’est une évidence : première semaine de commercialisation outre-Atlantique, 450 000 iPads vendus, 4 milliards (oui, milliards !) d’applications téléchargées !!! Mais la presse semble engagée sur une autre voie, avec des expérimentations e-paper tous azimuts, et des usages forgés sur le marché asiatique qui donnent la primeur au papier électronique.
Il faudra sans doute des mois, voire des années, avant qu’une tendance réelle se dessine. Et l’édition, dans ce duel, n’a pas encore choisi son camp. Mais on parierait volontiers que la conclusion sera plus une affaire de marketing, domaine dans lequel Steve Jobs et ses ouailles sont redoutables, que d’excellence technologique…
Pas encore de rétroliens.